BMW : 5 ans de leadership incontesté sur les flottes belges – Décryptage des mécanismes

BMW iX1 xDrive30 électrique, véhicule le plus vendu en Belgique 2025

Avec 44.731 immatriculées en 2025, BMW conserve sa couronne de leader pour la cinquième année consécutive en Belgique. Derrière ces chiffres se cachent des mécanismes financiers et stratégiques que tout gestionnaire de flotte devrait comprendre.


BMW a de nouveau terminé en tête du marché automobile belge en 2025, malgré un recul de 11,30% de ses ventes dans un marché global en baisse de 7,47% (414.771 immatriculations selon la FEBIAC). Cette performance masque une stratégie industrielle et commerciale redoutablement efficace, particulièrement auprès des flottes d’entreprises.

Les chiffres qui parlent

En 2025, BMW a immatriculé 44.731 véhicules en Belgique, conservant une avance confortable sur ses poursuivants :

  • Volkswagen : 38.770 unités (-8,42%)
  • Mercedes : 30.490 unités (-3,51%)
  • Audi : 28.094 unités (-13,98%)

Source : FEBIAC, chiffres annuels 2025

Mais c’est au niveau des modèles que la domination devient éclatante : le BMW X1 (toutes motorisations confondues, incluant la version électrique iX1) est le véhicule le plus immatriculé en Belgique tous segments confondus, avec 15.270 unités. Ce SUV compact représente à lui seul un tiers des ventes de la marque dans le pays.

Plus révélateur encore : plus de 80% des X1 immatriculés le sont au nom de sociétés, et 60% sont des iX1 électriques (la variante 100% électrique du X1).

Sources : La Libre, « BMW leader, Tesla en chute libre » (02/01/2026), Link2fleet, « Analyse du marché automobile belge au 1er trimestre 2025 » (22/04/2025)

Le trio allemand : trois stratégies, trois résultats

Si BMW, Mercedes et Audi forment le trio de tête du marché belge, leurs performances divergent significativement. Comprendre ces différences éclaire les mécanismes du marché fleet.

BMW : l’équilibriste

  • Gamme électrique complète et mature
  • Stratégie d’électrification massive (76% de véhicules électriques)
  • Positionnement premium mais accessible (« aspirational »)
  • Services fleet structurés et remises agressives

Mercedes : le dinosaure premium en difficulté

Malgré une gamme théoriquement aussi complète que BMW, Mercedes affiche le recul le moins marqué du trio premium (-3,51%), mais stagne en volume et part de marché. Plusieurs facteurs expliquent cette sous-performance relative :

  • Image « trop statutaire » : La Classe E et la Classe S restent associées aux dirigeants, ce qui crée une friction dans les politiques fleet modernes cherchant à gommer les distinctions hiérarchiques
  • Électrification tardive : L’EQA et l’EQB sont arrivés plus tard que les iX1/iX3, et l’EQE/EQS sont positionnés trop haut en prix pour le volume fleet
  • Tarification moins agressive : Les conditions fleet de Mercedes sont réputées moins compétitives que celles de BMW sur les grands comptes
  • Fiscalité belge défavorable : Les modèles thermiques Mercedes haut de gamme souffrent particulièrement des ATN élevés

Résultat : Mercedes conserve une clientèle fidèle (dirigeants, professions libérales) mais perd du terrain sur le volume fleet face à BMW.

Audi : la gamme incomplète

Audi affiche le recul le plus marqué (-13,98%) pour une raison structurelle : contrairement à BMW, Audi ne propose que quelques modèles électriques (Q4 e-tron, Q6 e-tron, e-tron GT) là où BMW couvre l’ensemble de ses gammes.

Dans un marché fleet belge où l’électrification est devenue incontournable (fiscalité), cette lacune se paie cash. Les fleet managers qui veulent une cohérence de gamme se tournent naturellement vers BMW qui propose des versions électriques du X1, X3, Série 3, Série 4, Série 5, etc.

Sources : La Libre, « BMW leader, Tesla en chute libre » (02/01/2026)

Mécanisme n°1 : La maîtrise de la valeur résiduelle

Le secret de BMW dans le segment fleet repose en grande partie sur un mécanisme financier souvent mal compris : la valeur résiduelle élevée.

Dans un contrat de leasing, ce qui détermine le coût mensuel n’est pas le prix d’achat du véhicule, mais la dépréciation prévue sur la période du contrat. Un véhicule qui conserve 50% de sa valeur après 4 ans coûtera moins cher en leasing mensuel qu’un véhicule qui n’en conserve que 35%, même si son prix catalogue est plus élevé.

Exemple concret :

  • Véhicule A : Prix 45.000€, valeur résiduelle 40% (18.000€) → Dépréciation 27.000€
  • Véhicule B : Prix 40.000€, valeur résiduelle 30% (12.000€) → Dépréciation 28.000€

Sur 48 mois, le véhicule A (plus cher à l’achat) sera moins coûteux en leasing mensuel.

BMW a investi massivement pour maintenir des valeurs résiduelles élevées sur ses modèles fleet :

  • Qualité de fabrication reconnue
  • Réseau de distribution dense (essentiel pour la revente)
  • Programmes de reprise structurés avec les loueurs longue durée
  • Image de marque premium stable dans le temps

Cette stratégie permet à BMW de proposer des loyers compétitifs malgré des prix catalogue supérieurs à la concurrence.

Mécanisme n°2 : Les conditions flottes agressives

Les constructeurs premium comme BMW appliquent une politique tarifaire différenciée selon les volumes. Pour les grandes flottes (typiquement 50+ véhicules), les remises peuvent atteindre ou dépasser 20% du prix catalogue.

Ces conditions incluent généralement :

  • Remises volume importantes (jusqu’à 25% sur les très grands comptes)
  • Services dédiés : fleet managers dédiés, hotline prioritaire, interlocuteur unique
  • Garanties étendues et packages maintenance inclus
  • Flexibilité contractuelle : options de remplacement anticipé, gestion de flotte intégrée
  • Programmes de formation à la conduite électrique et aux nouvelles technologies
  • Support administratif : gestion des cartes carburant/charge, reporting détaillé

Ces avantages créent un effet de verrouillage : une fois qu’une flotte est équipée en BMW, changer de marque implique de reconstruire toute la relation commerciale et les process internes (formation des équipes, nouvelles procédures, etc.).

Mécanisme n°3 : L’électrification stratégique

BMW a pris une longueur d’avance décisive en anticipant le virage électrique du marché fleet belge, imposé par la fiscalité des voitures de société.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 76% des BMW vendues en Belgique sont entièrement électriques (octobre 2025)
  • 20% de TOUTES les voitures électriques immatriculées en Belgique (janvier-octobre 2025) portent un badge BMW ou MINI
  • Le Groupe BMW (BMW + MINI) est le premier vendeur de véhicules électriques en Belgique

Sources : Fleet.be, « Immatriculations en octobre 2025 » (03/11/2025), AutoScout24, « BMW reste en tête des ventes » (13/11/2025)

Cette stratégie s’aligne parfaitement avec la fiscalité belge des voitures de société :

  • ATN (Avantage de Toute Nature) réduit pour les véhicules électriques
  • Déductibilité fiscale maintenue à 100% pour les véhicules zéro émission
  • Obligation progressive d’électrification des flottes (100% d’ici 2026 pour les nouvelles commandes)

En proposant des versions électriques performantes sur ses modèles phares (iX1, i4, iX3, i5, iX), BMW a transformé une contrainte réglementaire en avantage concurrentiel.

Le cas du BMW iX1 : anatomie d’un succès

Le BMW iX1 (version 100% électrique du X1) illustre parfaitement la stratégie gagnante de la marque.

Positionnement produit :

  • Format SUV compact, le segment le plus demandé en fleet
  • Autonomie réelle de 400-450 km (WLTP : 439 km sur la version xDrive30)
  • Puissance 313 ch (version xDrive30), performances premium
  • Habitabilité et coffre généreux (490 à 1.495 litres)
  • Recharge rapide : 10-80% en 29 minutes (DC 130 kW)

Positionnement tarifaire (estimations marché) :

  • Prix catalogue : ~58.000€
  • Avec remises flottes 20% : ~46.400€
  • Leasing fleet typique : 650€/mois HTVA (48 mois, 20.000 km/an, sans apport)

TCO détaillé : BMW iX1 vs SUV diesel premium

Voici un calcul détaillé et transparent du Total Cost of Ownership sur 48 mois pour un usage fleet typique (20.000 km/an).

Véhicule 1 : BMW iX1 xDrive30

  • Prix catalogue : 58.000€
  • Remise fleet 20% : -11.600€
  • Prix net : 46.400€

Leasing sur 48 mois (20.000 km/an, sans apport) :

  • Valeur résiduelle estimée 45% : 20.880€
  • Dépréciation : 25.520€
  • Coût financier (intérêts estimés 3%) : ~1.900€
  • Loyer mensuel HTVA : ~570€
  • Loyer mensuel TTC (21% TVA) : ~690€

Énergie (électricité) :

  • Consommation réelle : 20 kWh/100 km (usage mixte, hiver inclus)
  • Kilométrage annuel : 20.000 km
  • Consommation annuelle : 4.000 kWh
  • Prix électricité Belgique (tarif CREG pour remboursement à domicile, Bruxelles) : 0,3436€/kWh
  • Coût annuel : 1.374€ → 115€/mois

Source prix électricité : CREG, Tarif pour le remboursement de la recharge à domicile

Entretien :

  • Véhicule électrique : pas de vidange, freins moins sollicités (freinage régénératif)
  • Entretien annuel estimé : 300€
  • Coût mensuel : 25€

Assurance :

  • SUV électrique premium, usage professionnel
  • Estimé : 1.200€/an
  • Coût mensuel : 100€

Fiscalité (ATN – Avantage de Toute Nature pour l’employé) :

  • Émissions CO₂ : 0 g/km
  • Valeur catalogue : 58.000€
  • Coefficient : 4% (minimum légal pour véhicule électrique)
  • ATN annuel : 2.320€
  • ATN mensuel : 193€ (à charge de l’employé si voiture de société)

TCO mensuel total iX1 : 690 + 115 + 25 + 100 = 930€ TTC (+ ATN 193€)


Véhicule 2 : SUV diesel premium équivalent (ex: Mercedes GLA 200d)

  • Prix catalogue : 52.000€
  • Remise fleet 15% : -7.800€
  • Prix net : 44.200€

Leasing sur 48 mois (20.000 km/an, sans apport) :

  • Valeur résiduelle estimée 38% : 16.800€
  • Dépréciation : 27.400€
  • Coût financier (intérêts estimés 3%) : ~1.900€
  • Loyer mensuel HTVA : ~610€
  • Loyer mensuel TTC : ~738€

Carburant (diesel) :

  • Consommation réelle : 6,5 L/100 km (usage mixte)
  • Kilométrage annuel : 20.000 km
  • Consommation annuelle : 1.300 litres
  • Prix diesel Belgique (moyenne 2025) : 1,65€/L
  • Coût annuel : 2.145€ → 179€/mois

Source prix diesel : SPF Économie, moyennes mensuelles 2025

Entretien :

  • Véhicule diesel : vidanges, filtres, AdBlue, embrayage, etc.
  • Entretien annuel estimé : 900€
  • Coût mensuel : 75€

Assurance :

  • SUV diesel premium, usage professionnel
  • Estimé : 1.100€/an
  • Coût mensuel : 92€

Fiscalité (ATN) :

  • Émissions CO₂ : ~130 g/km
  • Valeur catalogue : 52.000€
  • Émissions de référence diesel 2025 : 75 g/km
  • Coefficient de base : 5,5%
  • Majoration : (130 – 75) × 0,1% = 5,5%
  • Coefficient total : 11%
  • ATN annuel : 52.000€ × 11% = 5.720€
  • ATN mensuel : 477€

Source ATN : SPF Finances, barème 2025

TCO mensuel total diesel : 738 + 179 + 75 + 92 = 1.084€ TTC (+ ATN 477€)


Comparaison finale

PosteBMW iX1SUV dieselÉconomie
Leasing TTC690€738€+48€
Énergie115€179€+64€
Entretien25€75€+50€
Assurance100€92€-8€
Total TTC930€1.084€+154€/mois
ATN employé193€477€+284€/mois

Économie totale : 154€/mois pour l’entreprise + 284€/mois pour l’employé

Sur 48 mois :

  • Économie entreprise : 7.392€
  • Économie employé : 13.632€
  • Économie totale : 21.024€

Note importante : Ces calculs sont des estimations basées sur des moyennes marché. Le TCO réel varie selon les négociations individuelles, l’usage réel du véhicule, le profil de conduite, et le mix de recharge (domicile/bureau/bornes publiques).

La géographie de la domination BMW

L’analyse régionale des immatriculations révèle une dichotomie marquée du marché belge :

En Flandre :

  • Top 5 : BMW X1 (toutes motorisations), Audi Q6 e-tron, Mini Cooper, BMW Série 4, Audi Q4 e-tron
  • Domination des marques premium orientées fleet
  • 12.884 BMW X1 immatriculés en Flandre sur 15.270 au total (84%)

En Wallonie :

  • Top 5 : Dacia Sandero, Dacia Duster, Renault Clio, Toyota Yaris, Renault Captur
  • Marché dominé par les particuliers et les véhicules accessibles

À Bruxelles :

  • Top 3 : Citroën C3, Peugeot 208, Peugeot 2008
  • Mix particuliers/VTC/petites flottes

Cette répartition s’explique par la concentration des sièges sociaux et des flottes d’entreprises en Flandre, où sont enregistrées la majorité des voitures de société.

Sources : La DH, « La Flandre en BMW, la Wallonie en Dacia » (15/01/2026), La Libre, « BMW leader, Tesla en chute libre » (02/01/2026)

Le cas Tesla : une stratégie différente, pas nécessairement perdante

L’effondrement de Tesla en 2025 (-53,11%, de 21.182 à 9.933 immatriculations) illustre les limites du modèle de vente directe sur le marché fleet traditionnel belge. Mais l’analyse mérite d’être nuancée.

La stratégie Tesla :

  • Pas de remises flottes : prix fixes, pas de négociation volume traditionnelle
  • Vente directe : pas de réseau de concessionnaires, donc pas de fleet managers « classiques »
  • Pas de services fleet traditionnels : pas d’interlocuteur physique dédié, gestion via app mobile
  • Standardisation extrême : peu de personnalisation, configurateur en ligne

Résultat sur les grandes flottes traditionnelles :

  • Effondrement sur les grandes flottes « classiques » : les entreprises avec 50+ véhicules habituées aux services fleet traditionnels se tournent vers BMW/Mercedes/Audi
  • Facteur image : l’association à Elon Musk et ses prises de position politiques ont également pesé sur les décisions fleet

Chiffre révélateur : En octobre 2025, Tesla a vendu autant de voitures que… Suzuki (environ 300 unités). Une chute spectaculaire pour une marque qui était 10ème du marché en 2024.

MAIS : des avantages réels pour certains profils fleet

Pour les indépendants, TPE et flottes « tech-savvy » (1-20 véhicules), le modèle Tesla conserve des atouts :

1. TCO réel compétitif :

  • Consommation électrique plus faible : Model 3/Y Long Range : 15-17 kWh/100km (vs 18-22 kWh pour iX1/EQA)
  • Sur 20.000 km/an : économie de 400-800 kWh/an, soit 137-275€/an
  • Réseau Superchargeur : 0,40-0,45€/kWh (vs 0,50-0,70€/kWh sur bornes publiques Ionity/Fastned)
  • Pour une flotte qui recharge 50% en itinérant : économie substantielle

2. Processus opérationnels adaptés :

  • App mobile complète : gestion de flotte, historique, rapports automatiques
  • OTA (Over-The-Air updates) : pas de passage en concession pour mises à jour
  • Maintenance réduite : moins de pièces d’usure, révisions espacées
  • Pour des flottes « digitales natives » : le modèle sans interlocuteur physique n’est pas un frein mais un avantage (autonomie, rapidité)

3. Prix transparents :

  • Pas de négociation = process d’achat simplifié
  • Pas de « mauvaises surprises » sur les options ou services cachés
  • Bon pour les petites structures sans pouvoir de négociation fleet

Exemple concret : Une startup tech de 15 employés avec 10 véhicules, équipe jeune et tech-savvy, recharge mixte (domicile 40% / superchargeurs 40% / bureau 20%) :

  • Model 3 Long Range : consommation réelle 16 kWh/100km, prix ~47.000€
  • Coût énergie : 95€/mois (vs 115€ pour iX1)
  • Entretien minimal : 20€/mois
  • Pas besoin de fleet manager dédié : app suffit
  • TCO compétitif pour ce profil

Conclusion sur Tesla : Le modèle de vente directe ne passe pas à l’échelle sur les grandes flottes traditionnelles belges, où les services dédiés, la relation commerciale personnalisée et la flexibilité contractuelle restent déterminants.

Mais pour les petites structures (1-20 véhicules), indépendants, et flottes « tech-savvy », Tesla reste une option pertinente grâce à :

  • Des consommations réelles plus faibles
  • Le réseau Superchargeur économique et dense
  • Une gestion digitale complète qui convient aux équipes habituées aux outils numériques

La chute de 2025 reflète donc moins un échec du modèle Tesla qu’un déplacement vers sa vraie cible : les petites structures et indépendants, plutôt que les grandes flottes d’entreprise.

Sources : La DH, « Le verdict est tombé » (05/01/2026), AutoScout24, « BMW reste en tête » (13/11/2025)

Les faiblesses dans la cuirasse BMW

Malgré sa position dominante, BMW fait face à plusieurs défis :

1. Baisse des volumes (-11,30% en 2025) Plus marquée que le marché global (-7,47%), cette érosion s’explique par :

  • Attente de la nouvelle plateforme « Neue Klasse » (prévue 2026-2027)
  • Effet de base élevé en 2024 (livraisons massives de l’ancien iX3)
  • Production privilégiée en début d’année 2025, créant un creux en fin d’année

Source : Fleet.be, « Immatriculations en octobre 2025 » (03/11/2025), déclaration Jeroen Lissens, porte-parole BMW Belgique

2. Pression des constructeurs chinois Bien que marginaux en volume (14.850 immatriculations en 2025, soit 3,6% du marché), les constructeurs chinois progressent avec :

  • Des prix agressifs (20-30% sous les premium européens)
  • Des véhicules électriques technologiquement matures (BYD, MG)
  • Des progressions spectaculaires :
    • Xpeng : +2.157% (de 28 à 604 unités)
    • Omoda : +5.675% (de 8 à 462 unités)
    • BYD dépasse désormais Tesla en volume électrique

Sources : La DH, « Le verdict est tombé » (05/01/2026), Fleet.be, « Immatriculations en mai » (02/06/2025)

3. Déclin généralisé du premium L’ensemble des marques premium affiche des reculs en 2025 :

  • Mercedes : -3,51%
  • Audi : -13,98%
  • Porsche : -23,77%
  • Land Rover : -12,61%
  • Volvo : -32,31% (après 2 années exceptionnelles)

Cette tendance suggère une réévaluation des politiques fleet par les entreprises, dans un contexte économique plus incertain et une volonté de réduire les coûts de mobilité.

Source : La Libre, « BMW leader, Tesla en chute libre » (02/01/2026)

Ce que cela signifie pour votre flotte

Si vous gérez une flotte d’entreprise, plusieurs enseignements stratégiques émergent de cette analyse :

1. Ne vous arrêtez pas au prix catalogue Le TCO réel intègre : leasing (basé sur la valeur résiduelle), énergie, entretien, fiscalité (ATN), assurance. Comme démontré ci-dessus, un véhicule 12% plus cher au catalogue (iX1 vs GLA diesel) peut être 14% moins cher sur 4 ans en TCO réel.

2. Négociez les conditions flottes Les remises volume et services associés peuvent représenter 20-30% d’économies sur le TCO total. N’hésitez pas à :

  • Mettre les constructeurs en concurrence
  • Demander des services dédiés (fleet manager, hotline, reporting)
  • Négocier des garanties étendues incluses
  • Exiger de la flexibilité contractuelle

3. Anticipez l’électrification La fiscalité belge rend l’électrique incontournable pour les flottes :

  • 100% de déductibilité maintenue pour les véhicules électriques
  • ATN réduit (facteur décisif pour l’attractivité employé)
  • Obligation d’électrification progressive

Les constructeurs qui ont pris de l’avance (BMW, Mercedes sur certains segments, Renault) offrent aujourd’hui les solutions les plus matures.

4. Privilégiez les constructeurs avec services fleet structurés L’exemple Tesla démontre l’importance des services dédiés pour les grandes flottes :

  • Interlocuteur unique
  • Gestion administrative simplifiée
  • Support technique prioritaire
  • Formation des conducteurs

5. Diversifiez vos marques La domination d’un seul constructeur dans votre flotte crée une dépendance commerciale. Intégrez 2-3 marques pour :

  • Maintenir la pression concurrentielle
  • Éviter le « vendor lock-in »
  • Tester différentes technologies et services

6. Surveillez les nouveaux entrants chinois Les constructeurs chinois (BYD, MG, Xpeng) proposent des rapports équipement/prix attractifs. Leurs réseaux de distribution et SAV s’étoffent rapidement en Belgique. Pour les flottes de taille moyenne (20-50 véhicules), ils peuvent représenter une alternative crédible, à condition de vérifier :

  • La solidité du réseau après-vente local
  • Les garanties et services fleet
  • La valeur résiduelle réelle (encore incertaine)

Perspectives 2026

Plusieurs facteurs pourraient modifier l’équilibre du marché fleet belge en 2026 :

Pour BMW :

  • Lancement de la plateforme « Neue Klasse » (architecture électrique native, iX3 nouvelle génération attendue)
  • Extension de la gamme électrique (nouveaux modèles annoncés)
  • Maintien de la stratégie de valeur résiduelle élevée
  • Production locale de certains modèles électriques (usine de Munich)

Pour le marché :

  • Poursuite du déclin du thermique dans les flottes (objectif 100% électrique pour les nouvelles commandes)
  • Montée en puissance des véhicules chinois (objectif collectif : 20.000+ immatriculations, 5% du marché)
  • Évolutions réglementaires européennes (assouplissement 2035 : 90% vs 100% de réduction CO₂, possibilité e-fuels)
  • Pression sur les prix avec l’arrivée de modèles électriques « abordables » (<25.000€)
  • Normalisation des infrastructures de recharge (objectif : 1 borne pour 10 véhicules électriques)

Sources : Le Monde, tribune Jean-Marc Jancovici et Laurent Perron (24/01/2026)

Conclusion : Une domination qui repose sur des fondamentaux solides

Le leadership de BMW sur le marché fleet belge n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur une combinaison de facteurs structurels :

  • Maîtrise de la valeur résiduelle et optimisation du TCO réel
  • Conditions commerciales agressives pour les flottes (remises 20%+, services dédiés)
  • Anticipation réussie de l’électrification (gamme complète, 76% des ventes)
  • Réseau de distribution dense et services premium

Cette position reste toutefois menacée par :

  • La montée des constructeurs chinois (prix agressifs, techno mature)
  • Le déclin global du premium (réévaluation des politiques fleet)
  • L’évolution vers plus de sobriété dans les choix de mobilité

À l’inverse, l’effondrement de Tesla sur les grandes flottes démontre que la disruption du modèle de distribution traditionnel ne fonctionne pas (encore ?) sur le marché fleet B2B des grandes structures, où les services dédiés, la flexibilité commerciale et la relation personnalisée restent déterminants. Le modèle Tesla conserve néanmoins sa pertinence pour les petites structures et indépendants.

Pour les gestionnaires de flottes, le message est clair : le choix d’un véhicule de société doit s’appuyer sur une analyse TCO complète et transparente, intégrant tous les coûts directs et indirects sur la durée du contrat. Le prix catalogue n’est qu’une variable parmi d’autres, et souvent pas la plus déterminante. Les 154€/mois d’économie pour l’entreprise et 284€/mois pour l’employé peuvent représenter respectivement 7.400€ et 13.600€ sur 4 ans, soit plus de 21.000€ d’économies totales.


Sources complètes :


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Questions fréquentes

Pourquoi BMW domine-t-il le marché fleet belge ?
BMW domine grâce à trois facteurs : des valeurs résiduelles élevées (réduisant les coûts de leasing), des remises fleet de 20%+, et une gamme électrique complète alignée avec la fiscalité belge.

Quel est le TCO réel d’un BMW iX1 vs diesel ?
Sur 48 mois, un BMW iX1 coûte 930€/mois (entreprise) vs 1.084€/mois pour un diesel équivalent, soit 7.392€ d’économie, plus 13.632€ d’économie d’ATN pour l’employé.

Tesla est-il adapté aux flottes d’entreprise ?
Tesla convient aux petites structures (1-20 véhicules) et aux flottes tech-savvy, mais son modèle sans services fleet traditionnels limite son attrait pour les grandes flottes de 50+ véhicules.